Affichage des articles dont le libellé est Récits - Texts. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Récits - Texts. Afficher tous les articles

dimanche 15 mars 2015

Filomena

A Filomena nunca teve uma vida fácil. Agora muito menos de que dantes. Anos atrás, ela tinha uma banca no seu bairro onde vendia coisas básicas que toda a gente precisa. Uma lei estúpida tirou ela de vez daquele lugar. Ela veio aqui parar, na Avenida dos Mártires de Inhaminga, ao lado do Porto. É dona duma banca onde vende o que toda a gente precisa nesse lugar: comida e bebidas. Foi assim que nos conhecemos, a Filomena e eu. Eu, a caminho do Bairro das Mahotas e a espera duma chapa para ir até Magoanine, estava ali, de pé, parado. Mas ficar de pé parado não combina com o meu jeito. Num piscar de olho, avistei a sua banca por não ter muita gente. Depois de muitas andanças a procura duma coisa qualquer para o meu ultimo filhinho, precisava mesmo de repousar um bocadinho ou talvez tinha a garganta seca, disso não me lembro muito bem. Pedi uma 2M, como sempre faço. Começamos a falar. A Filo contou me a vida toda dela. Só luta. Ultimamente, a Câmara de Maputo quer tirar as bancas todas dali, para realizar uma coisa qualquer, uma coisa que não combina com bancas podres onde vende-se cervejinhas e espetadas de porco e galinha. Essa história lembrou-me outra, a do Bar Aleixo na Parede, na Tuga. Uma tragédia que se repete a medida que avança a “Modernice”, essa doença trágica. Ao longo das minhas paradas, a Filomena acostumou-se com a minha presença. Ela podia abracar-me enquanto chupava tranquilamente a minha cerveja, até dava-me uns beijinhos. Solidariedade filho! Nunca queixei-me. Para que? Não gosto de complicações e muito menos com as mulheres! A Filomena tinha corpo de guerreira, uma cabeça acima da minha. Mas ela era um doce. O nosso futuro nunca teria ido além duma relação nessa banca. Aventureiro, eu sou. Maluco é que não. Continuava a preocupar-me essa coisa da Câmara. A Filomena e eu temos muito mais coisas em comum. Aliás, temos todo em comum. Que ela seja negra e eu branco não muda nada a situação. Ambos, somos irmãos. Entender a situação da Filomena é muito mais fácil para mim do que entender os planos da Câmara de Maputo, ou de qualquer câmara ou administração cega que seja. E, a Filomena entendeu-me também, cheirou-me, pegou-me, sabe um bocadinho de mim. Ela não sabe nada da Câmara e nunca ira saber.

Já há meses que não tenho noticias dela. Na ultima vez que nos encontramos, tinha pedido a ela para guardar-me as tampas das cervejas. Expliquei-lhe que com isso ia fazer desenhos. Certamente, ela pensou que aquele branco era meio tarado e que há coisas mais importante na vida. Concordo plenamente. Mas tenho a certeza que ela ainda se lembra de mim tal como eu lembro-me dela. 
Amiga, espero que estejas bem, que ninguém te chateia. Da próxima vez que nos encontramos, havemos de nos abraçar novamente e, se por acaso, tens as tampas, não sei...hei de pensar...mas sou capaz te dar um beijo de verdade, pelo menos na testa! Sabes, a minha fofa não é tão chata como a Câmara municipal de Maputo, mas, mesmo assim, ela tem os seus dias!
Filomena, escrevi essa nota pensando em ti a ouvir o Beethova Ova, um músico do Haiti. Ele tem dessas músicas doces como o Nèg Kongo, ou Lina.
Esculturas do Gonçalo Mabunda, artista Moçambicano.
Fotos minhas, tiradas em 2013, no Centro Cultural Franco-Moçambicano


vendredi 13 mars 2015

Maison

Toujours les gens me demandent d’où je viens et où je vis?
Ma demeure, dont la plupart des pièces sont tapissées de livres ou bien de simples bouteilles de vins, fut construite au fond d’un bois par l’un de mes deux fils, celui qui a pris le prénom du dernier charpentier.
L’espace est sans fenêtres mais les fentes dans les murs sont suffisantes pour aérer l’ensemble et laisser passer les oiseaux pilleurs qui aiment à nettoyer la table des mies de pain qui y trainent après chaque repas. Allez zou les enfants ! Chez nous, bien manger est un devoir autant qu’un plaisir, mais laisser un petit quelque chose sur le bord de l’assiette est une invite à l’autre, celui ou celle qui panse ses plaies, quelque part sur le chemin. Gente plumée qui s’égaillent autour de nous, ces petits riens sont aussi pour vous.
Une porte à l’arrière de la maison mène vers les bois et le paradis de l’enfance.
On me demande combien d’enfants j’ai. Combien ? Et bien, quelle importance si j’en ai quatre et que je les aime tous les quatre ! Le cinquième, sans doute, est en route, et je ne sais même pas si je serais présent le jour ou ces jeunes poumons brûleront  l’air que nous respirons. Je serais mort ou bien ailleurs.
On me demande aussi mon âge.  Mon sang jamais ne sait et puis quelle importance si autour du soleil j’ai déjà tourné cinquante fois ? Je me dis toujours que c’est en dansant que nous devrions tous passer ce temps si bref qui nous est imparti. Seulement en dansant. Chacun ses défauts ; tituber m’est plus familier. En tout,  c’est une leçon que je n’ai eu aucun mal à apprendre. Pas de quoi être fier pour sûr. Mais, qui voudrait se faire éjecter comme un moins que rien au milieu d’une danse par une belle fille de São Filipe de l’Île de Fogo ? Pas moi en tout cas. Et pourtant… 
Les questions je ne les aime pas et de loin je préfère une bonne histoire. Vraie ou fausse, peu importe du moment qu’elle soit directe et bien torchée.
Ah, donnez moi un peu à boire ! Voilà, merci, c’est gentil. Le Verbe n’aime pas quand la langue fléchie ou butte comme un couillon à la moindre virgule.
C’est bon, n’est-ce pas ! Et puis d’ici, pour peu qu’on est bien les yeux en face des trous et que le soleil ne nous brûle pas les yeux, on peut dire que, oui tiens, le paysage à des détails croustillants. Cette fille au loin, par exemple, qui même avec de l’eau en-dessous des genoux pense qu’elle va se noyer. Et ce gars à a coté avec ses bras ballants et inutiles…
Je n’ai pas de religion, je ne crois dur qu’aux cailloux. À la terre aussi. La terre.
Elle ne m’a jamais quittée, ni moi non plus d’ailleurs. Pourquoi le ferais-je ? Ce n’est pas mon truc d’aller me la péter dans l’exosphère.  Mes meilleurs amis sont ici, éparpillés, la plupart ont leur maisonnée dans des petits pays, allez savoir pourquoi. Parfois on se rencontre. Parfois non. Quand je ne les rencontre pas, je meurs un peu, mordillé par la nostalgie. Eux aussi j’imagine.
On titube, tous que nous sommes. Ils y en a même qui tombent, s’écrabouillent le nez. Les polonais jamais !
Ami, reste encore un peu avec moi. Laisse la lumière jouer sur nos doigts qui déjà aspirent à ce que l’on ouvre une autre bouteille, regarde je mets Grog tá kaba sur le platine. Dansons un peu, veux-tu ? Les jours ont rallongés, n’aie crainte, tu ne te perdras pas sur le chemin du retour. Ta mère sait Ô combien tu n ‘aimes pas les lignes droites, pour sûr elle va se faire du mouron, mais après quelques heures, crois moi bien, elle dormira comme les autres.
Sur chacun de mes doigts j’ai mis une bague de papier. Cinq doigts, cinq vies, c’est ce que j’ai eu jusqu'à présent. Il m’est arrivé de désirer la mort. La mort on la désire quand on est vraiment heureux ou alors complètement con. Quelle perte de temps, d’être con quand on a la possibilité d’être heureux ! Tu sais, être heureux ne tiens qu’a nous, toujours.
Les continents ne sont jamais heureux pas plus que les grands pays  qui régulièrement  développent une sorte de pathologie dermatologique ; la Poutine maladie par exemple.
Les petits pays coincés entre deux grands pays développent un certain humour en plus de produire des bières de qualités.  Les pays qui n’existent pas n’existent pas mais sont rêvés par quelques uns. Ceux qui n’aiment pas les pays, ne rêvent pas d’en avoir un, et vagabondent de par le monde. Ils ne sont pas forcément heureux mais  continuent de rêver, surtout après deux heures du matin, quand bien fatigués et après mille circonvolutions, ils ont rincés et mouillés les deux draps légers qui les couvrent.
Ah ! Ti Jon Poca! Je n’aime tellement pas les emmerdeurs !
Et je suis tellement de mauvaise foi. Et j’aime tellement être de mauvaise foi !
Fille de Fogo, pourquoi me laisses-tu seul sur le bord de la piste ? Regardes-moi, je aussi pétaradant que ton volcan, aussi bouillant que le plus mal foutu des jeunes taureaux qui arpentent ton île, deux pieds plus courts que les deux autres.
Ce soir, après être passer à coté du cimetière  qui surplombe l’Atlantique  et bien avant d’entrer dans les eaux froides pour rejoindre la paisible Brava, je me frotterais la couenne sur le sable noir tout en pensant à toi et à tout ce qui fait ma vie.
Pour Mathilde, René, Hilla, Léos et le lieu-dit La Madelon, un des champs de mon enfance.